Chronique des pêcheurs de la Seugne …

Le retour d’une chronique animée par des bénévoles ( Eric et Patrick ) de l’ Association des Pêcheurs d’Anguilles de la Seugne … des conseils, des poissons, des astuces, des recettes, des anecdotes croustillantes … tout un programme !!!

Avril 2016 : écouter ( 13’05 )

img: blog Didier Merle

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Vendredi 08/04/2016 – Café Philo : » L’ennui ! «

Vendredi 08/04/2016 – Café Philo : » L’ennui !  « : écouter

C a f é p h i l o pontois          Le deuxième vendredi du mois Centre Social et culturel de Pons19h

L’ennui

Rien n’égale en longueur les boiteuses journées, Quand sous les lourds flocons des neigeuses années L’Ennui, fruit de la morne incuriosité, Prend les proportions de l’immortalité.

Charles Baudelaire (1821 – 1867) Les Fleurs du Mal – Spleen

Tædium vitae de Sénèque, nausée de Sartre,  matrice  de tous les maux  pour Kierkegaard,  ou   chambre d’incommunicabilité  pour Alberto Moravia,  distraction pascalienne,  samsara  bouddhiste,  spleen baudelairien ,  neurasthénie de Freud ou sehnsucht des Romantiques…, l’ennui est rarement  une valeur !

Et pourtant que de grandes choses sont  nées pour y échapper ! Jeu,  vie sociale,  art, travail, ces  activités de l’esprit ou du corps   ne  nous semblent-elles pas  des affaires et  parfois même des tourments  plus  plaisants parce moindres que ceux  de l’ennui ?

La philosophie,  de Heidegger  à Pascal,  en passant  par  Schopenhauer ou Nietzsche, fait de l’ennui le plus atroce mais aussi le plus prégnant  des sentiments humains ! Elle  en montre la valeur destructrice et fondatrice : l’homme cet « animal métaphysique »  selon Heidegger,  n’est pas seulement une conscience biologique mais un être- au- monde qui a conscience de la mort et de sa propre conscience,  et qui est en mesure de l’exprimer  …   L’ennui,   insatisfaction sans objet,  désir de rien de particulier, entre temporalité vide et durée  insoutenable,  nous fait sentir le poids et la valeur de l’existence. Alors peut-on même envisager son éloge ?  Telle est  la gageure que nous avons abordée au café philo pontois ce mois de d’avril

Christophe

Tour de table

Bernard   je crois que l’ennui  revêt des formes multiples selon les âges :  de la mélancolie qui est un état méditatif  sur les possibilités qui s’offrent à telle ou telle période de la vie,  aux sentiments  de manque et de vide dont la durée et l’intensité  sont très variables

Adolescent il m’arrivait de m’ ennuyer;  j’ avais pris l’ habitude  de venir lire dans une maison en chantier ; je m’ ennuyai , pour tromper cet ennui  je me suis mis à lire : je me souviens en particulier de Titus et Bérénice qui commença  mon cycle de lecture ; alors oui tromper  l ‘ennui c’est magique :  à la fois sortir de son espace et de son temps habituel  et voyager  grâce à la lecture. Je ne confondrai pas cet ennui avec la contingence de petites choses désagréables qui peuvent arriver au quotidien !

Dimitri   l’ennui selon moi fait partie des émotions c’est-à-dire qu’il vous tombe dessus sans crier trop  gare  c’est pour cela qu’il arrive de demeurer passif devant l’ennui, en attendant qu’il passe..

L’ennui m’informe du fait que ce sur quoi je porte mon attention ne répond à aucun intérêt ou besoin actuel ; de ce fait en permettant d’échapper au défilement des actions et des décisions,  il est une forme de repos mental qui facilite l’introspection  Je crois que nous avons des rites et des habitudes pour échapper à l’ennui. La vraie question , seule façon de le maitriser (et d’approfondir les leçons sur nous et nos vrais besoins),  serait  la retraite dans un monastère : rester un bon moment face à soi même !

Michael

Je relie plutôt l’ennui à l absence de communication et à la solitude,   solitude morale car on peut être entouré et se sentir seul, certes le désœuvrement  l’absence de perspective ou de projets le favorise, on a alors le sentiment de passer le temps : il m’est arrive de marcher des heures pour tromper l ennui ;  et puis la société nous remplit aussi et meuble le temps  par des contraintes   Lorsqu’on se libère enfin du temps, on ne  sait souvent plus comment l’occuper d’une manière satisfaisante. Et puis l’ennui est à la fois émotion sentiment et  impression c’est assez difficile à différencier …

Jacques

Je crois qu’il faut distinguer les ennuis et l’ennui ; je serai conséquencialiste : l’ennui causé par une multitude d’ennuis non maitrisés  entraine l’Ennui  et le Mal-vivre  deux sentiments en quelque sorte « motivés »  ou logiques !

Par contre lorsque  l’on n’est  pas occupé à remplir ses diverses obligations, il arrive souvent de ressentir de l’ennui,   cet ennui peut m’interroger sur le sens de mes actions  et être aussi intense que le premier, c ‘est un mal-être, un sentiment diffus et multiforme

Dans les deux cas la forme suprême ou ultime  est la déprime : elle  constitue un Ennui majeur, absence de sens à donner à sa propre vie et disparition des envies

Je crois que cet épisode  souvent médicalisée a bien une dimension réflexive et philosophique ,  pas seulement hormonale ou physiologique ! La seconde  forme      (le mal –être) semble un luxe pour beaucoup de gens  car il faut du temps libre finalement pour penser. Et la première forme est une réalité sociale

Christophe En effet  la première distinction à faire est bien entre l’ennui contrainte imposé par une situation et pour laquelle je suis libre ou non de m’échapper,  et l’Ennui  du face à soi-même !

Spleen ou   nausée sartrienne  ; c’est cet ennui  « insupportable »  dont parlent les philosophes ;ce divorce entre le temps  pour soi de l’actuel,  et le temps social  du prescrit ;Nietzsche dans humain trop humain montre que la société fonctionne toute entière avec notre assentiment plus ou moins explicite , comme une machinerie qui vise à éliminer l’ennui . Il décrit le cercle infernal reliant  ennui, travail et jeu !

« Le besoin nous contraint au travail dont le produit apaise le besoin : le réveil toujours nouveau des besoins nous habitue au travail. Mais dans les pauses où les besoins sont apaisés et, pour ainsi dire, endormis, l’ennui vient nous surprendre. Qu’est-ce à dire ? C’est l’habitude du travail en général qui se fait à présent sentir comme un besoin nouveau, adventice ; il sera d’autant plus fort que l’on est plus fort habitué à travailler, peut-être même que l’on a souffert plus fort des besoins. Pour échapper à l’ennui, l’homme travaille au-delà de la mesure de ses autres besoins ou il invente le jeu, c’est-à-dire le travail qui ne doit apaiser aucun autre besoin que celui du travail en général ».

Autrement dit,  au prix de la distraction du travail  et  multiples addictions légales, prescrites,   on évite de se poser la question du manque,  et de son corollaire, le désir !

Pascal  oui mais à part cette injonction sociale on peut,  en ayant trouvé un équilibre,  s’ennuyer aussi ! Je prendrai la phrase : l’ennui naquit un jour de l’uniformité,  tant il est vrai que la répétition des mêmes événements,  le conformisme et la  routine dans la vie professionnelle comme la vie conjugale  sont de puissants vecteurs de l ‘ennui.    Je me suis demandé pourquoi : en fait il y a vivre et exister, exister c’est se sentir

libre,  évoluer avec une certaine imprévisibilité ; qui dit imprévisibilité dit aussi insécurité et angoisse

L’ennui nait de la non maitrise du temps mais il peut aussi naitre d’un cadre que je connais  trop ou qui m’étouffe ; il  trouve alors  sa source dans la répétition de tâches qui tout à coup n’ont plus de sens !   C’est une expérience à la fois familière et étrange mais le problème c’est qu’elle nous atteint  un jour ou l’autre  même quand tout semble aller !

Yves  L’ennui c’est une situation familière  de l’enfance  que je me remémore ; je trouve qu’ on avait beaucoup plus de temps consacré à rien  il y a une trentaine d’année avant l’accélération du temps propre au 21 ième siècle. Aujourd’hui  Le temps libre n’est plus un temps mort. Il faut absolument faire quelque chose et le remplir coute que coute !

Comme le reste, le temps libre  doit être consacré à une activité utile ;  la vacuité est interdite ; les enfants n’ont plus ce droit à l’ennui, pourtant  chez eux  l’ennui n’exprime pas un mal être forcément,  il est seulement attente de quelque chose, il  est nécessaire à la découverte des choses,  à la construction du soi

Christophe   ennui de l’enfant, mais aussi ennui de l’adolescent ! L’adolescence, « étape  philosophique de la vie »  est justement le travail psychique de l’ennui. L’ennui se vit au travers du manque. C ‘est aussi l’âge des contradictions et  addictions de toute sorte, où se vit avec son nuage de doutes la question du désir et de l’ identité

Des sociologues de l’école de Stanley Milgram se sont livrés a une expérience sur les formes de l’ennui   en remettant a des étudiants un tablette où chacun devaient inscrire leur activité  et le degré (de  1 à 5)  du sentiment d’ennui  éprouvé  , ennui  compris  subjectivement  et sans limitation stricte . 5  catégories ont été trouvées   : une première forme : ennui / attente neutre , une seconde : ennui/ contrainte ou l’ individu a  encore le choix de se libérer et l’esprit de vagabonder  , une troisième ennui /déni  ou l’ esprit s ‘emplit d’idées négatives, une quatrième où on  devient agressif  réactif : l’esprit recherche un responsable à la situation  ;  et enfin la dernière la plus  inexplicable et   incommunicable   nommée  par défaut « apathie existentielle » !

Pascal  Dans ce mal-être apathique,  je me demande si certaines formes, lassitude, mélancolie, neurasthénie, cafard etc.  opposées à la joie ou l ‘euphorie, ne sont pas récurrentes,  et donc si la cyclothymie  n’est pas l’ennui,   bref  le rapport avec une maladie

Christophe Chacun éprouve l’ennui  et ce n’est pas un simple trouble de l’humeur !      Banal ou pathologique, dans les variétés de ses manifestations il apparaît toujours  comme une réalité qui interroge le rapport de l’homme à son désir. Et  aussi comme une expérience  incommunicable ;   c’est l’idée qu’on trouve chez Alberto Moravia  dans son roman l’Ennui : une réflexion à la fois conceptuelle et érotique   (à travers une histoire d’amour)   sur le rapport de l’homme avec la réalité, sur l’incommunicabilité et son incomplétude, sur l’incapacité à posséder  et à connaitre vraiment  l’Autre

Pierre  je voudrais revenir sur l’incapacité  à communiquer,  sur cette notion d’inexprimable, d’inexplicable, car  c’est à mon avis le signe distinctif de l’ennui et de sa profondeur. Elle est rendue palpable non pas  à mon avis dans la toile de Hopper   choisie pour l’affiche  (cette femme seule sur son lit regardant par la fenêtre) mais par un autre tableau ou DEUX personnes   – l’ une lisant assise ,  l’ autre debout  regardant dans le vide-     sont réunies dans  le huis clos existentiel d’une pièce  offerte à nos regards. Chacune des peintures d’Edward Hopper semble inciter à un récit mais rien ne se passe !

Christophe c’est parce qu’il y avait deux personnes dans la toile dont tu parles que    j ai préféré la première représentation

Pierre Oui  mais  solitude je dirai  « spirituelle » et  solitude « spatiale »  sont  deux choses  : Dans le « petit » ennui je dirai l’ennui quotidien, un individu peut  regarder tout le temps l’heure pour s’assurer que le temps passe .Il peut également ( entre deux activités ou occupations programmées )  avoir conscience qu’il s’ennuie , mais dans ces deux exemples, il  y échappe assez facilement  car il est exposé à une temporalité vide qu’il peut  combler tôt ou tard  par une autre activité .

Dans le vrai ennui, On  ne remarque pas l’Autre,  ni l’écoulement du temps ; le personnage   reste dans le  monde de l’incommunicable comme si cela n’était pas la peine… L’ennui  devient  alors véritablement une sorte de vide,  de vertige d’immobilité ; une d’absence de réalité et de consistance puisque plus rien ne vaut la peine d’être communiqué !  Parler de l’ennui ; pouvoir le dépeindre  lui donner un visage, l’analyser,  c’est  y échapper c’est  de nouveau communiquer  et c’est le talent de Hopper !

Christophe Heidegger a exprimé cette néantisation et le rôle fondamental de  l’ennui  Dans Monde-Finitude-Solitude

Heidegger  analyse  trois catégories: d’abord l’ennui courant, on a raté son train: « il faut tuer le temps » .Ensuite l’ennui a posteriori : on a «gâché ou perdu  son temps»; on était là sans y être, c’était un « passe temps ». Enfin l’ennui «métaphysique», l’homme se trouve dans une indifférence totale à toute perspective. Les possibles sont supprimés, le monde est là comme un mur.  Selon lui l’angoisse profonde nous révélait le Néant,  mais  l’ennui  à partir du moment où il émerge vaguement  à la conscience nous révèle l’être.

Frederik il y a  bien  des formes et visions de l’ennui : maladie,  condition de l’esprit ,  conséquence de l’ inactivité etc.  Dans l’existence quotidienne, lorsqu’un individu est occupé, il sait bien que ce sont ses buts, la nature  de son travail  ou  les résultats attendus  qui  donnent un sens à ses activités et au temps qu’il passe. Qui n’est pas le temps qui passe puisqu’‘il ne  le sent pas !

Dans ce quotidien peut survenir un ennui je dirai mécanique, quelque chose qui vient  interrompre une activité et entraîne  à  m’occuper à autre chose. Jusque là tout va bien… je travaille, je m’occupe : ma pensée est orientée. Mais qu’ apparaissent l’inactivité subie , le chômage,  ou encore  des activités sans signification pour moi, alors le véritable ennui se développe  et   c’est un mal de la société contemporaine !

Je crois que actuellement certains vivent dans le culte de la sur-occupation  parce qu’ils sont exilés de cette mine d’observation qu’est la Nature et de  sa culture  réfléchie  qui  peut combler nos besoins essentiels ; on ne s’ennuie jamais avec Elle !  Pire cet exil hors de la nature nous plonge  dans une société où on n’a plus le temps de réfléchir, on consomme

Un téléphone surbooké  devient  un signe de statut social. Alors que pendant longtemps, l’oisiveté et l’ennui étaient  l’occupation  de l’élite.  Et  le travail constituait  l’occupation des  autres, ceux  qui n’avaient ni le temps ni le loisir de s’ennuyer !

Claude c’est vrai que chacun a tendance à  s’organiser pour ne pas laisser place à l’ennui ; il mène au questionnement et parfois  à la remise en question ;   et réfléchir c’est se retrouver face  à soi- même. Personnellement,  j’ai pris l’ habitude de programmer de planifier mes activités et je trouve au contraire que je manque de temps ce qui fait qu’ ‘en fin de compte j’ignore ce sentiment

Simone Est-ce une chance ? Je n’en sais rien mais j’ai vraiment l’impression de ne jamais m’ennuyer !  A l’exception  par contre de  l’ennui par obligation,  quand on vous impose une activité ou quelque chose qui vous déplait et que vous devez subir ; au fond c’est plutôt quand on est avec d’autres que l’on peut s’ennuyer,  mais seule c’est un sentiment que je n’ai jamais éprouvé

Francette  l’ennui est pour moi toujours un état négatif ou les pensées tournent a vide, l’activité est au contraire salvatrice ! Mais est-on tous égaux devant l’ennui ;  peut-il avoir une origine génétique ou neuronale ? C’est la question que je me pose

Patrick l’ennui (in odio) renvoie étymologiquement à la haine de soi ;  il traduit une peine profonde, une désaffectation de sa propre conscience !

J’évoquerai le cas des enfants dit précoces qui s’ennuient en classe parce qu’ils doivent entendre de nouveau ce qu’il savent déjà ; l’ennui c’est d’abord une

situation de contrainte où l’esprit n’est pas libre de errer ou aller et venir à sa guise c’est en définitive une sentiment d’emprisonnement ;   mais il peut donc  aussi exister face à ce que nous ne comprenons pas et que l’on nous impose et qui pouvait nous ouvrir et nous libérer !  L’ennui scolaire est donc un problème de pédagogie et l’ennui vital une question de stratégie et de philosophie morale !

Francette    et la question des prédispositions mentales ?

Patrick il n’y a pas de gène de l’ennui mais les études ont permis de préciser  le rôle des facteurs environnementaux, psychologiques et génétiques dans le développement de l’ennui de  la dépression. Côté génétique, c’est un gène spécifique  qui serait en cause dans l’activation de la zone cérébrale des émotions. Les facteurs psychologiques et environnementaux influenceraient ensuite cette prédisposition génétique

Christophe faut il alors le faire disparaitre ?

Pierre  nous avons posé tout à  l’ heure la question l’ennui est il toujours négatif ?

. Je dirai que l’ennui a un rôle positif dans la mesure où il nous révèle nos vraies attentes et nos vrais besoins ; il ya dans le gout de l’ennui le plaisir du vagabondage et du rêve,  le plaisir du temps qui passe et qui nous entraine avec lui,  un lâcher prise qui nous pousse souvent à la méditation et la rêverie

Dimitri   actuellement dans notre société il faut remplir chaque moment. L’ennui est mal vu, c’est pour les oisifs, pour les déprimés ! Les gens ne savent plus s’ennuyer ! L’ennui vécu dans la solitude de soi et  le temps devant soi crée les émotions  et permet de s’intéresser à de nouvelles choses  qu’on ne soupçonnait pas

Yves Dans la course effrénée vers le bonheur et la réalisation individuelle, les enfants ne doivent à aucun prix se trouver confrontés à l’ennui et les adultes  aux sentiments de lassitude, de mélancolie.  Pourtant ce sont ces pauses ces arrêts de l’ennui  qui sont les plus importants dans la construction  et  pour la direction à prendre

Patrick   En faisant le procès de l ennui on fait celui de la solitude, mais la solitude n’est pas être seul,  c’est de vivre avec des gens qui ne s’intéressent pas à vous ou faire des choses qui ne vous apportent aucune satisfaction ! Le rôle de l’ennui c est justement de nous apprendre à  surmonter  l’ennui,   à ne pas être frustré que les choses ne se déroulent pas comme prévues : cela permet un retour sur soi,  sur ses vrais désirs.  L’ennui est un révélateur

Christophe  je crois qu’il faut en user de l’ennui comme l’enfant  le fait.  Pour dépasser sa solitude et  contrer l’ennui  L’enfant  fait appel à toutes ses ressources

personnelles et mobilise un imaginaire qu’il n’aurait pas déployé autrement : il devient à l’écoute de ses envies, de ses goûts,  de son monde intérieur. Ne rien avoir à faire lui permet de développer son monde imaginaire et sa créativité.  Je me souviens que les journées de pluie  m ont permis de connaitre le scrabble et d’inventer des jeux inconnus ; l’ ennui est une chance pour la  créativité !

Frederik  je me souviens dans une vie antérieure avoir travaillé dans une entreprise ou nous nous posions aucune question,  l’ennui ne survenait que quand nous arrêtions de travailler : le week end ; certains allaient dans les bars de la ville mais d’autre pour vaincre l’ennui  observaient l’environnement et  se découvraient une passion ; ainsi l’ ennui peut développer le pire comme le meilleur  ; l’ennui quand nous décidons d’en sortir  nous place en situation de choix, comme tout épreuve il est formateur  ou destructeur !

Christophe l’ennui permet de voir la réalité différemment. Un enfant qui s’ennuie remarque des détails qui lui échapperaient s’il était occupé : le trajet de la goutte d’eau qui descend le long d’un carreau, la pluie sont une bénédiction pour son imaginaire et l’ouverture de son esprit !  L’ennui casse les habitudes et la routine et brise le confort intellectuel …  Je me souviens que les journées de pluie  m’ont permis de connaitre le scrabble et d’inventer des jeux inconnus ; l ennui est une chance pour la  créativité !  Finalement comme Simone de Beauvoir disait ce  n’est pas si ennuyeux de s’ennuyer

Et puis la distraction pascalienne  et l’action elle-même ne vient elle pas de cette nécessité d’échapper a l’ennui ? L ‘ennui   semble alors la mesure de la distance qui sépare tout désir de sa réalisation et dans cet interstice il permet de développer la pensée philosophique

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